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Un feu à la frontière germano‑belge a entraîné des évacuations transfrontalières et souligné l’urgence d’une nouvelle législation liée au climat, le gouvernement signalant également une hausse des retours volontaires et des expulsions.

Un incendie de forêt qui s’est déclaré dimanche a contraint l’évacuation de parties de Monschau, une ville d’environ 12 000 habitants dans l’ouest de l’Allemagne. De la fumée et de la chaleur ont traversé deux rues alors que le front du feu s’avançait, à 1,5 km de la frontière germano‑belge et à 1,8 km du lieu habité le plus proche.
Les autorités belges ont réagi en ordonnant l’évacuation de Kuechelscheid, un hameau situé à environ dix minutes en voiture de Monschau. L’incendie a été décrit comme le pire de l’histoire récente de la Belgique, et les responsables ont averti que d’autres évacuations pourraient devenir nécessaires si le feu se propageait davantage.
L’incident survient au cours d’un été marqué par la sécheresse, qui a accru le risque d’incendies dans les forêts européennes. Les experts ont souligné que le changement climatique d’origine humaine prolonge les vagues de chaleur et assèche la végétation, rendant les forêts plus inflammables même lorsque l’allumage est provoqué par une activité humaine.
À Berlin, les ministres du Parti social-démocrate (SPD) ont présenté une proposition de quatre pages d’amendement constitutionnel visant à inscrire l’adaptation au climat et la protection de la nature dans la Loi fondamentale. Le projet comprend un plan national d’action contre la chaleur, des règles d’urbanisme plus strictes et de nouvelles protections pour les travailleurs face aux températures extrêmes. Le parti Vert a exprimé son soutien à la proposition.
Le groupe parlementaire de l’Union, représenté par Klaus Mack, a indiqué qu’un projet d’amendement concret était nécessaire pour tester la faisabilité. Le groupe parlementaire de La Gauche, par l’intermédiaire du porte-parole Fabian Fahl, a exprimé son scepticisme, avertissant que le SPD pourrait avoir du mal à convaincre l’Union chrétienne‑démocrate, qui privilégie la rigueur budgétaire. Le porte-parole climat de l’AfD, Karsten Hilse, a rejeté le lien entre le changement climatique et la fréquence des incendies de forêt, arguant que la plupart des feux sont dus à la négligence humaine et accusant les autres partis d’exploiter les incendies à des fins de politique climatique.
Les groupes de défense des patients ont demandé que la chaleur soit inscrite comme cause de décès sur les certificats officiels, arguant que les statistiques actuelles de l’Institut Robert Koch sous‑estiment probablement l’impact réel de la chaleur. Eugen Brysch, directeur de la Fondation allemande pour la protection des patients, a souligné la probable sous‑déclaration de la mortalité liée à la chaleur.
Le Bureau fédéral pour la migration et les réfugiés a signalé 9 276 retours volontaires au cours du premier semestre de l’année, un chiffre supérieur à celui de la même période l’an précédent. Le ministère fédéral de l’Intérieur a indiqué que 18 939 personnes ont été expulsées entre janvier et juin, dont beaucoup ont reçu 1 000 € par adulte pour un retour assisté.
Le débat sur l’amendement constitutionnel devrait dominer la prochaine session parlementaire, le plan d’action contre la chaleur pouvant entraîner des modifications du code du bâtiment et des réglementations en matière de sécurité au travail. Les efforts visant à consigner les décès liés à la chaleur pourraient améliorer la transparence des données de santé publique, tandis que l’incendie de forêt en cours souligne les défis immédiats posés par les événements extrêmes induits par le climat.