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La pionnière féministe italienne Emma Bonino décède à 78 ans

Emma Bonino, la figure flamboyante du parti radical qui a contribué à légaliser l’avortement en Italie et a été commissaire de l’UE, est décédée après une lutte contre le cancer du poumon.

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Italian feminist fighter Emma Bonino dies

Emma Bonino, figure de proue des mouvements féministes et libéraux en Italie, est décédée vendredi à l’âge de 78 ans après une longue lutte contre une forme agressive de cancer du poumon. L’ancienne commissaire européenne et ministre des Affaires étrangères était largement respectée sur l’ensemble du spectre politique.

Son décès a suscité des déclarations de politiciens allant du président du Parlement européen au Premier ministre d’extrême droite du pays.

« Aujourd’hui, nous perdons non seulement notre dirigeante mais aussi l’une des figures les plus lucides, courageuses et libres de l’histoire politique de notre pays »,
lit-on dans un message du parti More Europe sur Facebook.

Une vie d’activisme

Née dans une ferme à Bra en 1948, Bonino a obtenu un diplôme en langues étrangères et littérature à l’Université Bocconi de Milan avant de rejoindre le Radical Party. Une rencontre personnelle avec un gynécologue qui lui a annoncé qu’elle était stérile l’a poussée à recourir à un avortement clandestin à l’âge de 27 ans. Cette expérience a déclenché une croisade qui l’a vue accompagner des femmes dans des cliniques clandestines, organiser des grèves de la faim et contribuer à la création du Centre d’Information, de Stérilisation et d’Avortement (CISA) en 1975.

Sa carrière parlementaire a débuté en 1976, puis elle a occupé les fonctions de commissaire européenne à la protection des consommateurs (1994‑99) et de ministre italienne du commerce international et des affaires européennes (2006‑08) avant de devenir ministre des Affaires étrangères (2013‑14). En 2018, elle a lancé le mouvement More Europe, défendant les droits des migrants et une intégration plus poussée de l’UE.

Héritage politique et réactions

Roberta Metsola, présidente du Parlement européen, a déclaré : « L’Europe pour laquelle elle s’est battue la regrettera ». Giorgia Meloni, Première ministre de l’Italie, a reconnu l’importance de Bonino malgré des divergences politiques marquées, rappelant que Bonino avait autrefois averti les électeurs qu’ils choisissaient « entre deux visions différentes de l’Italie ».

L’ancien Premier ministre Paolo Gentiloni avait déjà souligné la forte popularité de Bonino dans les sondages d’opinion, où elle n’était devancée que par lui. Dans ses derniers mois, après un séjour à l’hôpital pour des problèmes respiratoires, elle a reçu la visite surprise de Pope Francis, une rencontre qui a mis en évidence son attrait trans‑idéologique sur les droits des migrants.

Le décès de Bonino clôt un chapitre d’une carrière qui a combiné des réalisations législatives, de la légalisation de l’avortement à la campagne contre la peine de mort, avec une poussée incessante pour les libertés civiles. Son influence perdurera probablement dans les politiques qu’elle a contribué à façonner et dans la nouvelle génération d’activistes qu’elle a inspirée.

Alors que l’Italie et l’UE réfléchissent à ses contributions, le défi demeure de maintenir les réformes progressistes qu’elle a défendues, notamment dans un climat politique de plus en plus marqué par la polarisation.

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