European business, markets and politics
Le National Wealth Fund de Londres investit £71m dans Tungsten West du Devon pour relancer la mine d'Hemerdon et sécuriser l'approvisionnement en métaux critiques.

Le National Wealth Fund du gouvernement britannique a annoncé une injection de £71 million dans la société minière Tungsten West afin de remettre en production la mine d'Hemerdon longtemps fermée dans le Devon.
L'opération combine un rachat d'actions de £36 million, accordant à l'État une participation de 7.4 pour cent et un siège au conseil d'administration, avec une facilité de prêt de £25 million. En contrepartie, le Trésor obtiendra le droit d'acheter jusqu'à la moitié de la production future de tungstène de la mine.
« Cet investissement fournira des minéraux essentiels aux entreprises britanniques de défense, d'énergie et d'aérospatiale, et maintiendra de bons emplois bien rémunérés au Royaume-Uni. », John Healey
Le wolfram, le métal extrait à Hemerdon, est essentiel pour les alliages haute performance utilisés dans les systèmes de défense, les moteurs aérospatiaux et les technologies énergétiques de prochaine génération. En soutenant la production nationale, le gouvernement espère sécuriser les chaînes d'approvisionnement et créer environ 350 emplois directs dans le Sud-Ouest.
Jeff Court, directeur général de Tungsten West, a déclaré que l'objectif de l'entreprise est de « prioriser les besoins du Royaume-Uni pour ce métal critique afin de soutenir la demande intérieure, y compris les initiatives stratégiques dans la défense et les énergies de prochaine génération ». Le financement permettra d’acquérir de nouveaux équipements de traitement, de couvrir les coûts quotidiens du projet et de financer la main‑d’œuvre nécessaire pour atteindre la pleine production de métal.
L'entreprise cotée à Londres prévoit que les actions du gouvernement seront officiellement introduites en bourse le 27 août, les opérations minières devant redémarrer au troisième trimestre. Cet investissement s’inscrit dans le cadre d’autres engagements du National Wealth Fund, tels que le paquet de £599 million annoncé sous l'ancienne chancelière Rachel Reeves pour les Rolls‑Royce Small Modular Reactors en partenariat avec Great British Energy et la société d'électricité tchèque CEZ. Ces projets visent à attirer des capitaux privés et à créer des milliers d'emplois, illustrant le rôle du fonds dans la réduction des risques des entreprises high‑tech à fort capital.
Les analystes soulignent que, bien que cette injection renforce une chaîne d'approvisionnement stratégique, le climat d'investissement plus large demeure sensible à la politique fiscale et à la stabilité réglementaire, un point mis en avant dans les récents commentaires sur la dérive fiscale au Royaume-Uni et son impact sur les investissements privés.