European business, markets and politics
Lors d’une escale dans son complexe de Doonbeg, Trump a combiné golf, géopolitique et promotion commerciale, suscitant la controverse sur plusieurs fronts.

Donald Trump s’est adressé aux journalistes depuis le complexe de golf Doonbeg sur la côte ouest de l’Irlande dimanche, profitant de la tribune pour critiquer les détracteurs de l’intelligence artificielle, exhorter le président ukrainien Volodymyr Zelensky à cesser de viser les raffineries de diesel russes, et évoquer l’idée d’une Irlande unie.
Les propos de l’ancien président entremêlent trois questions sensibles. En qualifiant les sceptiques de l’IA de « forces négatives », il se range du côté des acteurs de l’industrie qui défendent un développement rapide, position rappelée dans les récents débats tels que ceux couverts par la défense par Anthropic de ses dossiers de sécurité de l’IA. Sa demande à Zelensky, « laissez‑le viser des cibles, mais pas le carburant diesel », touche la guerre en cours entre la Russie et l’Ukraine et pourrait être interprétée comme une incitation à alléger les pénuries de carburant qui ont fait grimper les prix du pétrole aux États‑Unis et en Europe.
Ajoutant à ce mélange diplomatique, Trump a déclaré au premier ministre irlandais Micheál Martin qu’il « adorerait voir » une Irlande unie, suggérant que la scission historique entre la République et le United Kingdom pourrait être résolue « maintenant ». Cette remarque rompt avec la position traditionnelle de neutralité des États‑Unis sur la question et a immédiatement suscité la réaction des politiciens unionistes d’Irlande du Nord.
La visite du président coïncide avec la dernière manche de l’Irish Open, où la star irlandaise Shane Lowry menait le peloton. Trump, qui possède le parcours de la Trump Organization depuis 2014, est monté sur le premier tee sous les acclamations avant de remettre le trophée au vainqueur plus tard dans la journée.
« J’aimerais voir une Irlande unie, cela pourrait très bien se produire dès maintenant », a déclaré Trump.
L’accompagnent ses fils Eric Trump et Donald Trump Jr., qui gèrent l’entreprise familiale pendant que leur père occupe la Maison-Blanche. Les coûts de sécurité pour le week‑end ont dépassé 20 million €, avec environ 4 000 officiers irlandais et américains déployés, y compris des mesures anti‑drone. Environ 30 habitants ont manifesté, accusant le président de soutenir des politiques qu’ils jugent préjudiciables.
Les propos de Trump risquent de résonner dans plusieurs sphères. À Washington, les démocrates pourraient exploiter cet épisode pour accentuer les inquiétudes relatives à d’éventuels conflits d’intérêts, surtout alors que le président se prépare à accueillir le sommet du G20 dans son complexe de Miami plus tard cette année. En Europe, la remarque sur l’Irlande unie pourrait alimenter les échanges diplomatiques entre Dublin, Londres et Bruxelles, tandis que sa position sur l’IA pourrait encourager les groupes industriels qui font pression contre une réglementation plus stricte.
Pour les marchés, tout changement dans le discours autour de la production de diesel russe pourrait influencer les prix du carburant à l’approche des élections de mi‑mandat aux États‑Unis, tandis qu’un examen accru des liens commerciaux du président pourrait affecter le sentiment des investisseurs à l’égard de ses activités nationales.