European business, markets and politics
Deux cadres seniors débattent de la valeur économique de l’enseignement supérieur dans un marché du travail difficile.

Un débat public organisé cette semaine a réuni Amy Lawrence, directrice générale de l’agence de relations publiques Gingermay, et Pegram Harrison, responsable du diplôme de premier cycle en économie et gestion à la Saïd Business School de la University of Oxford, pour discuter de la question de savoir si une formation universitaire est désormais un gaspillage d’argent.
Lawrence, qui a commencé sa carrière comme apprentie, a soutenu que la promesse traditionnelle d’un diplôme – un emploi stable et bien rémunéré – ne tient plus pour de nombreux diplômés. Elle a cité des chiffres récents montrant que plus de 40 % des diplômés de 2024 n’étaient pas en emploi à temps plein 15 mois après la fin de leurs études, et qu’un quart des diplômés britanniques pourraient se retrouver financièrement moins bien lotis qu’ils ne l’auraient été s’ils n’avaient pas fréquenté l’université.
"L’université offre rarement une valeur suffisante pour justifier le coût," a déclaré Lawrence.
Harrison a rétorqué que réduire l’éducation à un simple calcul de retour sur investissement néglige les avantages plus larges de l’enseignement supérieur. Il a souligné que l’université développe des compétences telles que la pensée critique, la résilience et un réseau à vie, qui ne peuvent être mesurés uniquement en livres sterling.
Le débat intervient à un moment où le Royaume-Uni connaît des niveaux records d’endettement étudiant, une pression sur le coût de la vie et l’impact croissant de l’intelligence artificielle sur les exigences de compétences. Une récente analyse de l’influence de l’IA sur le marché du travail indique que les employeurs privilégient les talents adaptables et technophiles, souvent en favorisant l’expérience pratique plutôt que les qualifications formelles.
Pour les décideurs et les éducateurs, ces données soulèvent des questions sur l’adéquation des orientations actuelles. Les établissements se sont longtemps concentrés sur les candidatures universitaires, laissant les étudiants intéressés par les apprentissages se sentir négligés.
Les organismes sectoriels et les ministères sont attendus pour réexaminer les modèles de financement de l’enseignement supérieur, certains préconisant un soutien accru à l’apprentissage en milieu de travail. Les universités pourraient devoir adapter leurs programmes pour inclure davantage de contenus numériques et liés à l’IA, tandis que les employeurs pourraient élargir les programmes d’apprentissage afin de combler les lacunes de compétences.
Pour les étudiants potentiels, le débat souligne l’importance de mettre en balance les revenus à long terme avec la dette, et de considérer des voies alternatives qui correspondent aux objectifs personnels et au marché du travail en évolution.
À mesure que la conversation se poursuit, l’équilibre entre études académiques et formation professionnelle devrait façonner la prochaine génération de la main‑d’œuvre du Royaume-Uni.