European business, markets and politics
Wim Wenders a déclaré à la presse de Venice que le cinéma, et non la politique, est l’antidote aux conflits, après des commentaires antérieurs sur la guerre de Gaza.

Wim Wenders a utilisé sa conférence de presse au Venice Film Festival mercredi pour réitérer que les cinéastes sont « l’antidote » à la politique, après que ses remarques au Berlin Film Festival plus tôt cette année aient été interprétées comme un appel aux artistes à se tenir à l’écart du débat public.
Le réalisateur, surtout connu pour Paris, Texas, présentait un nouveau documentaire sur l’architecte suisse Peter Zumthor lorsque les journalistes lui ont demandé s’il avait adouci sa position sur le rôle du cinéma dans la guerre de Gaza en cours. Sa réponse touche une tension de longue date entre les institutions culturelles et les attentes des gouvernements, surtout alors que les festivals européens sont sous pression pour commenter le conflit israélo‑palestinien.
Ce que j’ai dit alors, c’est qu’en tant que cinéastes, nous sommes le contraire des politiciens. Nous avons de l’empathie. Les politiciens agissent sans empathie.
Il a ajouté : « Nous ne travaillons pas avec une mentalité de politiciens, nous travaillons avec une mentalité de personnes empathiques. Et nous voulons changer les choses. Je le répète et j’espère que vous ne me déformez pas les propos en affirmant que nous devons nous tenir à l’écart de la politique parce que nous faisons le contraire. Nous sommes l’antidote. »
La présidente du jury Maggie Gyllenhaal est intervenue, décrivant les films comme « fondamentalement, indéniablement politiques », soulignant que le débat n’est pas nouveau mais s’est intensifié alors que la guerre de Gaza continue de dominer les conversations culturelles.
Les observateurs du secteur s’attendent à ce que le choc des points de vue influence les décisions de programmation lors des prochains festivals et puisse affecter les organismes de financement qui scrutent de plus en plus le contenu politique des films. Pour l’instant, les remarques de Wenders réaffirment une position que de nombreux créateurs sont susceptibles d’adopter : utiliser la narration pour favoriser l’empathie plutôt que de s’aligner sur une quelconque agenda gouvernemental.
La manière dont les festivals aborderont ce terrain façonnera le récit autour de l’art et de l’activisme dans les mois à venir, avec d’éventuels effets d’entraînement sur la distribution, les récompenses et les attentes du public.