Friday 28 August 2026London --:--Frankfurt --:--Zurich --:--
France

Read in English

Auf Deutsch lesen

L'administration Trump propose des frais de 100 000 $ pour les visas H‑1B

Une nouvelle règle ajouterait un frais à six chiffres à chaque demande de visa H‑1B, augmentant le coût de l’embauche de talents technologiques étrangers.

By
Why Trump wants H-1B skilled worker visas to cost employers more than $100,000

L'administration de Donald Trump a publié un projet de règlement qui obligerait les employeurs à payer un frais unique de plus de $100,000 pour chaque nouveau visa temporaire H‑1B de travailleur qualifié qu’ils déposent. Ce frais s’ajouterait aux coûts de dépôt existants de $2,000 à $5,000 et s’appliquerait indépendamment de l’issue finale de la demande.

Le fonctionnement de la proposition

La règle, publiée par le Department of Health and Human Services dans le Federal Register, ouvre une période de commentaires de 30 jours pour les entreprises, les groupes de défense et le public. Si elle est finalisée, la taxe toucherait non seulement les candidats à l’étranger mais aussi les ressortissants étrangers déjà présents aux États-Unis avec des visas d’étudiant, un segment qui a fourni une part croissante des bénéficiaires de H‑1B ces dernières années.

Les critiques soutiennent que la mesure nuira au secteur technologique, qui dépend fortement du programme. En 2023, les États-Unis ont délivré environ 85,000 visas H‑1B, mais les employeurs ont soumis plus de 340,000 pétitions, entraînant un tirage au sort chaque avril. Environ les trois quarts des visas approuvés sont attribués à des travailleurs nés en India, la China étant loin derrière.

Réactions de l'industrie et du monde politique

Les géants de la Silicon Valley défendent depuis longtemps le système H‑1B comme un canal de talents mondiaux. Le milliardaire Elon Musk et d’autres dirigeants technologiques ont salué les visas pour maintenir les États-Unis à la pointe de l’innovation. Parallèlement, la critique bipartisan persiste, certains législateurs qualifiant le programme de forme de « servitude contractuelle ».

« Cela a été largement abusé », a déclaré Hal Salzman, professeur de planification et de politique publique.

Des sénateurs des deux partis ont présenté une législation visant à augmenter le salaire plancher pour les travailleurs H‑1B et à obliger les employeurs à publier les offres d’emploi sur un portail du Department of Labor avant de déposer une pétition. Une proposition distincte du Department of Labor en mars doublerait le percentile du salaire minimum, le faisant passer du 17e au 34e, restant toutefois en dessous du salaire médian américain pour des postes comparables.

Les partisans du frais soutiennent qu’il vise la marge bénéficiaire que les entreprises tirent des travailleurs étrangers, plutôt que d’augmenter directement les salaires. « Ce que fait l’augmentation du frais, c’est qu’au lieu d’augmenter les salaires des travailleurs H‑1B, il s’en prend à la rentabilité que les employeurs perçoivent chez ces travailleurs », a déclaré Ron Hira, professeur associé à Howard University.

Même avec ce prix élevé, certaines grandes entreprises pourraient absorber le coût. Sur une durée de visa de six ans, les $100,000 de frais représentent environ $16,000 à $17,000 par an, somme qui pourrait être justifiée si une société s’attend à gagner $30,000 ou plus chaque année grâce à l’employé.

Quelles sont les prochaines étapes ?

Le projet de règle restera ouvert aux commentaires jusqu’au début juin. Si l’administration poursuit son initiative, le règlement final pourrait être publié plus tard cette année, offrant aux employeurs plusieurs mois pour ajuster leurs stratégies de recrutement. Les entreprises pourraient se tourner vers des catégories de visas alternatives, augmenter leur recours à l’embauche locale, ou faire pression pour des changements législatifs.

Pour les travailleurs, la proposition ajoute une nouvelle couche d’incertitude. Les titulaires de H‑1B dépendent déjà de leurs employeurs pour leur statut légal ; un coût plus élevé pourrait réduire le nombre de nouveaux visas accordés, resserrant le bassin d’opportunités pour les ingénieurs et programmeurs étrangers.

Dans l’ensemble, l’initiative souligne un débat plus large sur la manière dont les États-Unis équilibrent la demande de talents technologiques spécialisés avec les préoccupations relatives aux normes du travail et à l’emploi national.

More from France