Thursday 3 September 2026London --:--Frankfurt --:--Zurich --:--
France

Read in English

Auf Deutsch lesen

Le dirigeant de Palantir avertit que les restrictions françaises sur les logiciels se retournent contre elles

Le dirigeant de Palantir, Alex Karp, soutient que la décision de la France de remplacer les logiciels d'origine américaine par un fournisseur national nuira à la sécurité et à l'innovation.

By
Palantir CEO Alex Karp says French restrictions on US software are ‘backfiring’

Alex Karp, directeur général de Palantir, a déclaré aux journalistes mercredi que les récentes règles françaises limitant l'usage des logiciels d'origine américaine produisent l'effet inverse de celui escompté. Ces remarques sont intervenues après que la France a annoncé qu'elle remplacerait la plateforme de Palantir au sein de l'agence de renseignement intérieure, la DGSI, par une solution du fournisseur français ChapsVision, en raison de préoccupations liées à la souveraineté des données.

Changement de politique française

Cette décision reflète une volonté plus large de Paris de conserver les données sensibles sur des systèmes contrôlés par la France. Bien que cette mesure soit présentée comme une protection contre l'influence étrangère, Karp a averti que l'exclusion de technologies éprouvées pourrait créer des lacunes dans les capacités opérationnelles.

Implications pour les entreprises technologiques

S'exprimant en marge d'un rassemblement du G20 à Chapel Hill, North Carolina, Karp a déclaré que l'approche réglementaire « se retournait contre elle ». Il a ajouté que les décisions étaient prises par des responsables dépourvus de l'expertise technique nécessaire pour évaluer les compromis.

Ces mesures se retournent contre elles. Le cadre réglementaire n'aide manifestement pas l'Europe ni la France.

Karp a également averti que le simple remplacement des logiciels américains par une alternative nationale ne garantit pas la sécurité, soulignant que de nombreux contrats français reposent encore sur des composants américains ou chinois dissimulés derrière des modèles fermés.

Perspectives

Pour l'instant, le contrat de la DGSI avec Palantir reste en vigueur, et l'agence continuera d'exploiter la plateforme existante tandis que ChapsVision finalise son outil, un processus qui devrait prendre plusieurs mois. Cet épisode souligne la tension entre les objectifs de sécurité nationale et les contraintes pratiques liées à l'acquisition de logiciels d'analyse complexes.

Palantir, qui réalise environ $4.5 billion de chiffre d'affaires annuel, possède une présence modeste en France et affirme ne pas chercher à s'y développer de manière agressive. ChapsVision, fondée en 2019, a déclaré un chiffre d'affaires de €200 million l'année dernière, une fraction de l'ampleur de Palantir.

Les analystes estiment que la décision française enverra un signal aux autres gouvernements européens concernant l'intérêt des solutions locales, mais la transition pourrait également inciter les entreprises technologiques américaines à faire pression pour obtenir des réglementations plus claires et techniquement éclairées.

More from France