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Les fonds indiciels atteignent 50 ans, domineront-ils toujours à 100 ans ?

Le premier fonds indiciel de Vanguard célèbre un demi‑siècle, incitant à examiner l’impact durable de l’investissement passif.

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John C. Bogle, Vanguard founder, speaking at a business event, wearing a suit and tie

Vanguard a commémoré le 50e anniversaire de son premier fonds tracker ce mois-ci, une étape qui souligne comment l’investissement basé sur les indices est devenu la colonne vertébrale des portefeuilles modernes. Le véhicule modeste, lancé en 1976, représente aujourd’hui plus de la moitié de l’ensemble des actifs détenus par des fonds aux États-Unis et une part importante au Royaume-Uni.

Lorsque Jack Bogle a présenté le premier fonds indiciel mondial, il s’attendait à lever entre $50m et $150m. En réalité, le Vanguard First Index Investment Trust n’a attiré que $11m et a été rejeté comme une mode passagère. Les critiques l’ont qualifié d’« un‑American » et de « chemin sûr vers la médiocrité ». Pourtant, les investisseurs qui sont restés engagés ont enregistré des rendements extraordinaires ; une participation de $10,000 en 1976 vaudrait aujourd’hui environ $2.5m.

Aujourd’hui, le modèle passif bénéficie du soutien de personnalités telles que Warren Buffett et le lauréat du prix Nobel Paul Samuelson, qui ont comparé son impact à la presse de Gutenberg. Au Royaume-Uni, l’Investment Association indique que les fonds liés aux indices détiennent désormais plus d’un tiers des actifs de détail à long terme.

Un demi‑siècle de croissance passive

Selon James Norton, responsable de la retraite et des investissements chez Vanguard, « Les fonds indiciels ont réussi parce qu’ils ont résolu un problème que de nombreux investisseurs ne réalisaient pas qu’ils avaient ». Le problème était simple : sélectionner de façon constante des actions gagnantes s’avérait difficile, même pour les professionnels. En offrant une méthode à faible coût pour posséder l’ensemble du marché, les trackers permettent aux investisseurs de conserver une plus grande part de leurs rendements.

Les gestionnaires d’actifs ont ressenti la pression. Beaucoup se sont tournés vers des paris à plus haut risque ou se sont développés dans des niches de capital‑investissement afin de justifier des frais plus élevés. Les résultats sont mitigés, et la plupart des stratégies actives restent à la traîne face aux alternatives bon marché et sans frais.

Dynamiques du marché et lutte entre actif et passif

Les fonds passifs sont généralement pondérés en fonction de la capitalisation boursière, ce qui signifie qu’ils achètent davantage les plus grandes entreprises. Ainsi, lorsqu’une action méga‑capitalisation progresse, les flux entrants vers les trackers renforcent ce mouvement, créant une boucle auto‑renforcée. À l’inverse, les sociétés hors indice peuvent avoir du mal à attirer des capitaux, même avec des fondamentaux solides.

« Tout continue de s’accélérer comme cela a toujours été le cas : les trackers performent bien, donc davantage d’argent afflue vers le suivi, davantage d’argent va vers ces grandes entreprises dominantes des indices, et cela ne fait que s’accélérer davantage », déclare Simon Evan‑Cook, gestionnaire chez MGTS Downing Fox Funds.

Même les sélectionneurs d’actions renommés repensent leurs stratégies. Terry Smith de Fundsmith a averti qu’un marché guidé par le momentum plutôt que par les fondamentaux pourrait éroder sa philosophie « acheter de bonnes entreprises, ne pas surpayer, ne rien faire », incitant à un virage vers un positionnement plus actif.

Perspectives : risques et opportunités

Alors que les fonds passifs ont attiré $6.1trn supplémentaires de flux au cours de la dernière décennie, la concentration qu’ils engendrent pourrait se retourner contre eux si le sentiment du marché se détériore. En période de baisse, les mêmes mécanismes qui stimulent les actions à grande capitalisation peuvent amplifier les pertes, exposant les investisseurs particuliers.

« Une victoire totale du passif ne serait bénéfique pour personne, y compris les investisseurs passifs », écrit Simon Evan‑Cook dans un récent blog. Il soutient qu’un marché sain a besoin à la fois d’une vision active et d’une largeur passive ; si l’un des deux disparaît, l’autre perd son sens.

Pour l’instant, la tendance semble se poursuivre. Tant que les investisseurs recherchent une exposition à faible coût, les fonds tracker resteront probablement une force dominante, voire au‑delà de leur 100e anniversaire.

Dans un contexte plus large, la résilience des stratégies passives se manifeste sur les marchés où la croissance du Royaume-Uni a dépassé les prévisions malgré les vents contraires géopolitiques, soulignant l’attrait des véhicules diversifiés à faibles frais.

Le prochain demi‑siècle testera la capacité de l’investissement passif à coexister avec l’expertise active sans faire basculer le marché dans une volatilité excessive.

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