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Les frappes nocturnes de Washington sur Larak Island ont incité l'Iran à frapper des sites liés aux US en Jordan et aux UAE, ravivant une impasse régionale volatile.

Donald Trump a publié dimanche un bref message sur les réseaux sociaux affirmant que le centre énergétique iranien Kharg Island était « en train d’être pulvérisé ». Le post, accompagné d’une vidéo générée par IA, est apparu quelques heures après que le militaire US a lancé ses premières frappes connues depuis fin juillet, touchant deux lanceurs sur Larak Island dans le Strait of Hormuz. Les médias d’État iraniens ont signalé deux morts et plusieurs blessés sur l’île.
En quelques heures, Tehran a annoncé avoir frappé des installations liées aux US en Jordan et aux United Arab Emirates. Le ministère iranien des affaires étrangères a indiqué que des drones ont touché la base aérienne Al Minhad dans les United Arab Emirates, un site qui accueille du personnel US, et que les bases US en Jordan utilisées pour soutenir le raid de Larak ont également été ciblées. Le ministère de la Défense des United Arab Emirates a rejeté l’affirmation, qualifiant les rapports d’une attaque missile de « sans fondement » et précisant n’avoir intercepté qu’un drone iranien au-dessus de ses eaux.
Les deux parties opèrent dans un corridor étroit qui assure une part importante des expéditions pétrolières mondiales. Toute perturbation du Strait of Hormuz peut faire grimper les cours du brut, comme le montre la hausse de près de 2 % des contrats à terme Brent après la frappe de Larak. Les attaques surviennent également alors que les United States renforcent les sanctions contre l'Iran ; Scott Bessent, le secrétaire du Trésor US, a déclaré aux journalistes que l’objectif des sanctions est de créer des conditions incitant Tehran à revenir à la table des négociations.
JD Vance, le candidat à la vice‑présidence US, a suggéré que le post de Trump sur Kharg était un signal pour l'Iran, même si le président a déclaré ne pas annoncer d’actions militaires sur les réseaux sociaux. À Tehran, le président Masoud Pezeshkian a déclaré au Premier ministre indien Narendra Modi que l'Iran privilégie toujours une solution négociée et que la poursuite des combats ne profite à personne.
"Nous les frapperons durement," Donald Trump a déclaré lorsqu’on l’a interrogé sur une éventuelle réponse US.
Des responsables iraniens ont averti que les navires violant les règles de Tehran dans le corridor d’Hormuz pourraient subir un traitement plus sévère, laissant entendre une menace plus large pour le transport maritime commercial. Par ailleurs, le conseiller présidentiel des UAE Anwar Gargash a déclaré que la politique iranienne de ciblage des États du Golfe a échoué et a appelé à la désescalade.
Les analystes s’attendent à ce que Washington évalue une réponse calibrée, équilibrant la volonté de dissuader de nouvelles frappes iraniennes avec le risque d’une conflagration plus large. Les prochains jours pourraient voir un renouveau des initiatives diplomatiques, surtout si les marchés pétroliers réagissent fortement. La poursuite des sanctions US et d’éventuelles nouvelles mesures viseront probablement à faire pression sur l'Iran pour le ramener aux négociations, tandis que Tehran pourrait tester les limites de son influence régionale.