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Le PDG de Beazley exhorte les entreprises de la City à ne pas se fier aux seuls antécédents judiciaires et à puiser dans le vivier de talents inexploité que représentent les anciens détenus.

Adrian Cox, directeur général de Beazley, a profité d'un récent événement caritatif pour lancer un appel au secteur financier londonien afin qu'il recrute des personnes ayant purgé une peine de prison. Il a estimé que « les employeurs de la City peuvent transformer des vies tout en renforçant l'accès de leurs organisations à des talents engagés et résilients ».
« Les employeurs de la City peuvent transformer des vies tout en renforçant l'accès de leurs organisations à des talents engagés et résilients. »
Cette rencontre, organisée avec l'association de réinsertion Key4Life, a réuni d'anciens hommes d'affaires ayant passé du temps derrière les barreaux, notamment l'ancien directeur financier d'Autonomy, Sushovan Hussain, et l'ancien cofondateur de Touchbase, Riordan Maynard. Tous deux sont revenus sur les défis de l'incarcération, le chemin de la réinsertion et la valeur qu'ils apportent désormais aux employeurs.
Les employeurs se détournent souvent des candidats ayant un casier judiciaire, une tendance soulignée dans un récent rapport de Reed in Partnership qui relève que la volonté d'embaucher des anciens détenus a diminué depuis 2013. Alors qu'aujourd'hui plus d'un tiers des postes exigent un contrôle du Disclosure and Barring Service, de nombreux candidats qualifiés sont éliminés d'office.
Hussain, qui a fondé la société de placement Liberatus après sa libération, a estimé que les entreprises avaient « tout à gagner du vivier de talents inexploité que constituent les prisons ». Il a ajouté qu'un emploi stable est le facteur le plus efficace pour prévenir la récidive.
Les prisons britanniques fonctionnent à leur capacité maximale dans un contexte de crise, poussant le gouvernement à mettre en place des programmes de libération anticipée d'urgence. Toutefois, ces remises en liberté anticipées se sont souvent traduites par un retour rapide en détention pour de nombreux individus, ce qui souligne la nécessité d'un accompagnement durable après la sortie de prison.
Les dirigeants du secteur présents à la conférence des patrons de la City à Birmingham sont désormais appelés à réexaminer leurs politiques de recrutement et à collaborer avec des associations spécialisées dans la réinsertion. Si le secteur adopte ce changement de cap, il pourrait créer un précédent pour les autres industries britanniques et contribuer à faire baisser le taux de récidive national.
Alors que la City fait face à une pénurie de talents, ouvrir ses portes aux anciens détenus pourrait s'avérer à la fois une stratégie de recrutement pragmatique et un geste de responsabilité sociale.